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briqueterie
 

la briqueterie
une petite industrie                                                  (résumé)

Au plan national, le début de la révolution industrielle va correspondre à une vaste migration liée à une hausse importante de la natalité ainsi qu'aux conséquences de mauvaises récoltes.
Les classes populaires, les paysans appauvris vont se déplacer vers les villes où ils espèrent trouver un emploi.
Aux alentours de 1848, le développement très rapide de la machine à vapeur va concurrencer fortement les secteurs artisanaux. Les industries recrutent des gens de la campagne pour en faire des manoeuvres dans les usines. Les compagnons, eux-mêmes, vont grossir la masse des chômeurs. Dès lors, la classe ouvrière se nomadise, campant ici et là, dans les vieux quartiers surpeuplés des villes, payant des loyers exorbitants pour des logements insalubres (1).
Au niveau de notre future banlieue, parallèlement à la construction du chemin de fer, les qualités du sous-sol vont aussi générer l'embryon de la nouvelle agglomération.

Dès le XVIII° siècle, la terre à brique alimentait quelques entreprises. Vers 1880, M. Melfètes installa une briqueterie près de la route de Villiers-le-Bel à Gonesse (actuelle RD 370), Après une dizaine d'années d'exploitation, il vendit son entreprise à MM. Dogneaux et Bastin qui achetèrent de nouveaux terrains (2). Ainsi, en 1889, voit-on émerger de la glaise du lieu-dit "Champ-Bacon", une maisonnette et une briqueterie et trois ans plus tard : une halle (de séchage) et des ateliers (3). Cette entreprise produisit annuellement jusqu'à cinq millions de briques (2). Nous trouvons, dans les archives municipales, la trace de la main-d'oeuvre ouvrière qui y était employée.
Le recensement de 1896 mentionne cinq maisons aux environs de la gare sur le territoire de Villiers-le-bel (4). En nous penchant sur le détail du document, nous découvrons que l'une des maisons accueillait pas moins de 46 personnes de nationalité belge, tous briquetiers. Cette sorte de coron est divisée en six unités, chacune organisée autour d'un couple avec enfants ou d'un homme d'âge mûr semblant veiller sur une chambrée de jeunes garçons et filles dont les cadets n'ont que 13 ou 14 ans. Petite société qui se déplace au gré des embauches, nous retrouvons ici cette classe ouvrière nomade des origines. Ils ne se fixeront pas sur place. En 1901, le coron des ouvriers belges n'apparaît plus. Par contre, le patron de la briqueterie ainsi que son gendre ont fait construire leurs maisons au milieu de leurs "terres". Un des ouvriers briquetiers a construit sa petite maison près de son lieu de travail. Un marchand de vin a établi son estaminet en bordure de l'avenue de la Gare. Restent les quatre maisons de salariés parisiens dont les allées et venues préfigurent les migrations quotidiennes de la banlieue contemporaine (5).

(1) A.-C.MAILLAT, Géographie-Histoire de la commune d'Arnouville-lès-Gonesse, 1915. La Garenne : 5,5 ha partagés en 100 lots, les rues furent dénommées : rue de la Liberté, de l'Égalité, de la Fraternité, chemin de l'Union.
Saint-Blin : 3,5 ha partagés en 64 lots rue de Carrère et rue de Caumont.
(2)A.C. Maillai, Géographie-Histoire de la commune d'Arnouville-lès-Gonesse,1915,
(3) Archives Municipales. Ancienne matrice des propriétés bâties
(1882 à 1909). parcelle 517 Section E de l'ancien cadastre.
(4) Archives Municipales. Recensement de 1886 : aucune maison vers la gare. Recensement de 1891 : rubrique 'la Gare". 3 ou 4 maisons.
7 ménages. 36 individus. Recensement de 1896 : 3 maisons chemin des Asniers, 2 maisons chemin n' 44 (actuel RD 370), 10 ménages, 59 individus.
(5) Archives Municipales, Recensement de 1901 : 11 maisons, 11 ménages

Résumé :
A partir de 1880, non loin de la gare, des entrepreneurs firent extraire la terre glaise du sous-sol par des terrassiers, afin d'en fabriquer des briques. De nombreux ouvriers, souvent de nationalité belge, s'activaient à leur cuisson dans le four de la briqueterie. Après 1900, quelques maisons furent construites aux alentours de la briqueterie qui maintiendra, encore quelques années, son activité (1908).
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