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Derrière
les
murs (résumé)
Qu'y avait-il donc derrière les murs ?
Au temps de Jeanne d'Arc (début du XV° siècle)
les enfants de Villiers-le-Bel se faisant la courte échelle
pouvaient apercevoir, au delà du verger, un château.
Pas un château fort avec créneaux et ponts-levis,
mais tout de même un beau manoir, comprenant le logis du
seigneur avec sa chapelle et son écurie, les bâtiments
agricoles pour stocker récoltes et redevances, la massive
tour du colombier et les prisons. Prisons que les pères
de ces enfants gardaient une fois l'an, selon le texte de la
coutume : "... certaines masures..., quand il me vient gens
prisonniers, doivent lits fournis pour les coucher et doivent
aussi la garde desdits prisonniers, un jour et une nuit à leur
dépens et périls..." (1)
Bien que probablement beaucoup plus ancienne, cette noble demeure
n'apparaît dans les textes qu'aux alentours de 1360.
Un autre château, mentionné dès l'an 1204, était
implanté derrière l'église. Toutefois sa
ruine ne fait pas de doute en 1464. Aussi, est-ce le manoir du
bas du pays qui seul, put accueillir le royal hôte de passage
en cette année 1465.
Un roi à Villiers-le-Bel ?
Et oui, Louis Xl. Vous savez, ce personnage rusé et superstitieux
qui avait la réputation d'enfermer ses ennemis dans une
cage de fer et qui développa une grande activité guerrière
et diplomatique.
Après une Après une bataille indécise contre
les troupes bourguignonnes près de Montlhéry (Essonne)
et la signature du traité de Conflans, commune de Charenton-le-Pont
(Val-de-Marne), le roi accompagna le chef bourguignon en route
pour les Flandres. Le 2 novembre, tous deux logèrent avec
armes et bagages au château de Villiers-le-Bel (2).
Leurs escortes respectives s'égayèrent dans les
granges, chaumières et auberges du village, se surveillant
l'une l'autre. Le lendemain matin, Louis s'en retourna vers sa
capitale et Charles le Téméraire, se dirigea vers
Compiègne (Aisne), laissant derrière eux le souvenir
d'une folle agitation.
La vie au village reprit son cours normal. Aucun roi n'y passa
plus, les seigneurs choisirent de plus confortables demeures,
laissant sur place un intendant chargé d'exploiter les
terres et de percevoir les redevances. Toutefois, le manoir restait
le signe concret de la dépendance féodale des habitants.
Qu'un lopin de terre soit acheté, le nouveau propriétaire
devait l'hommage au seigneur, reconnaissant par là son
droit éminent sur le sol. Ainsi fit Louis Pourcelle en
se présentant en 1602 à la porte principale du
château de Villiers-le-Bel : "genoux à terre, étant
nu-tête, sans épée ni éperons, a appelé par
trois fois Monseigneur le Connétable et baisé la
porte du château en signe d'humilité... " (3).
Durant sa période la plus radicale, la Révolution
fit un sort à tout ce qui pouvait évoquer l'ordre
ancien; La féodalité fut abolie dès 1789,
l'égalité juridique des citoyens fut proclamée,
l'effacement des marques distinctives de la féodalité fut
voté en 1793. Les tourelles qui encadraient le portail
principal de la ferme seigneuriale rappelaient trop de soumissions
et d'humiliations pour échapper à la bourrasque.
La totalité des bâtiments fut démolie en
1848. Le manoir ne laisse pour trace que des dessins sur quelques
plans et un nom de lieu-dit donné, depuis, à ce
quartier de notre ville : "Derrière les Murs... Monseigneur" dans
sa forme ancienne complète.
(1) AN.L860 (1428)
(2) B.N. Salle des manuscrits Cote IMP-1420-Du Clerc Philippe
de Commynes Mémoires 1,V - (VII-LVIII)
(3) Musée Condé Chantilly - Série BC
Résumé :
Vers 1360, et
probablement bien avant, un chevalier avait fait construire
son manoir en bas du village de l'époque. La cour de cette
demeure était entourée de bâtiments, dont des prisons, et
fermée de hauts murs que l'on franchissait par une grande
porte garnie de tourelles. Le roi de France, Louis XI vint
y passer une nuit en fin 1465.
A l'arrière de
l'habitation le verger était lui aussi fermé d!un mur. Les
paysans de l'époque qui cultivaient à proximîté, prirent
l'habitude d'appeler cet endroît : "Derrière les Murs
Monseigneur". Le manoir et ses murs ont été démolis en 1848,
mais ce nom donné à des champs existe de nos jours à travers
la cité qui y a été construite..
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