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Mises à jour
17/07/2007 et 25/07/2007
à partir de la revue Sakamo
(n°3, hiver 2001,
p. 12 et 13 et p. 14 à 18) |
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| Dessin
de
la fontaine de pierre construite sur la place de
l’église au XVIIe siècle
(Arch. Nat.). |
(1)
Le
poteau de la seigneurie portait les armoiries du seigneur des lieux.
L’usage
signifiait son droit sur le
sol, les biens et les personnes, suivant des
modalités variables selon les époques et les
lieux. Les
armoiries sont les
emblèmes d’une famille noble figurés
sur son
écu, c’est-à-dire sur une forme
d’ancien
bouclier qui rappelle la vocation guerrière initiale des
vieilles familles
nobles. À Villiers le-Bel, au XVIIIe
siècle,
il s’agit des Condé.
(2)
La taille est l’impôt royal qui était
perçu sur les roturiers.
C’était un impôt direct qui
s’appliquait sans progressivité.
L’accès à certaines fonctions
permettait d’en être exempté. La zone
d’imposition étant le village pour une somme
totale fixée d’avance par
l’administration
fiscale, la part de ceux qui réussissaient à en
être exonérés était
supportée
par le reste de la communauté villageoise. Cet
impôt était très impopulaire, il
fut supprimé à la
Révolution dès 1789. Le
rôle est un cahier portant la liste
des contribuables avec indication de leur cotisation individuelle.
(3)
Voir Sakamo N° 2, pages 2 et 3.
(4)
Le procureur fiscal était un agent seigneurial
chargé de la perception des impôts mais aussi du
maintien de l’ordre et des
bonnes mœurs dans une paroisse. Il lui revenait de
recommander au prévôt les
actions judiciaires à prendre à
l’encontre des contrevenants.
(5)
Le prévôt était un agent seigneurial
qui rendait
la justice au nom du seigneur local, dans
l’étendue
d’un territoire appelé
Prévôté.
(6)
Archives Départementales du Val d’Oise.
CERGY-PONTOISE
- Cote B 95/887 (Greffe criminel pour les années 1766-1783).
Pièce de papier mesurant
environ 185 x 305 mm.
Document mentionné dans : François BOUTRY - Faits
divers d’autrefois en Pays de
France - 1999, page 249.
(7)
“1 500 livres par
an...” La livre est une
monnaie dont la valeur a varié
suivant les époques et les lieux. Elle était
divisée en 100 sols ou sous, eux-mêmes
divisés en 12 deniers. La livre a été
remplacée par le franc.
(8)
À Paris, les supplices se déroulaient sur la
place de Grève située devant l’actuel
Hôtel de Ville.
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mutations SOCIALES
Une
lettre anonyme à l’orthographe approximative
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Villiers-le-Bel 1782
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Dans
la nuit du samedi 16 au dimanche 17 mars 1782, trois affichettes furent
collées
en plein coeur du village : l’une sur la porte de
l’église, l’autre sur le
poteau de la seigneurie(1) planté sur la place devant
l’église, la dernière sur
la fontaine publique établie au milieu de la place de
l’église, là où se tenait
le marché.
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Écrit par une
personne anonyme,
ce billet dénonçait l’un des principaux
fermiers du village, Jean Goujon, qui par
ailleurs était collecteur de l’impôt
royal(2)
et
à ce titre en tirait prestige et profits ainsi
que quelques profondes inimitiés comme cela semble
être le cas ici*. Sept ans
avant la
Révolution(3), un
Beauvillésois précurseur mettait
en cause un nanti du village et lui reprochait “de faire le
bourgeois aux
dépens des pauvres malheureux”. Le contenu
diffamatoire de l’écrit amena le
procureur fiscal(4)
à
porter plainte devant le prévôt(5)
en
joignant à sa lettre l’un des exemplaires du
billet accusateur(6)
qui est
ainsi parvenu jusqu’à
nous. L’écrivain pirate ne fut jamais
découvert.
À
la sortie de la messe du dimanche, de nombreux habitants
décryptèrent le texte.
Il était calligraphié d’une main assez
sûre, mais il était constellé de fautes
d’orthographe, de transcriptions phonétiques -
dont le “Mainsieur” du début qui
rend compte de l’accent local - et du recours à
une grammaire mal maîtrisée.
Assurément,
notre inconnu a fréquenté
l’école du village. Il a appris à
écrire assez
correctement, mais les règles de grammaire et de conjugaison
ont été insuffisamment
étudiées. Il s’agit sûrement
d’un paysan que les travaux des champs ont trop
tôt accaparé pour qu’il ait eu le loisir
de s’attarder sur les bancs de
l’école.
Si
la transcription ne vous rebute pas, essayez-vous au solutionnement de
ce rébus
pré-révolutionnaire. En cas de
difficulté, nous vous en proposons notre lecture
ci-dessous.
DR
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| l’un
des exemplaires de la lettre anonyme, 1782. (Arch.
Dép. du Val-d’Oise). |
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Transcription
:
“Mainsieur,
je vous donne avi
que
le gros goujon napa tort de
continuer
detre saintdic attendu quil
profite
de 1500
L.
par année(7), voila pour
quoi
il employe des ami de puis quatre
an
et de faire le bourgois aux dépend
des
pauvres mallreureus ; visité les rolles
des
taille du puis 4 an vous serait
(rayé)
sur de trouver le vrès ; illienat
conpent
a la greveus(8)
qu’il
l’on pas
mérité
tan que lui (potence) 1500 L.”
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| Dessin de l’église |
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Solution
:
“Monsieur,
je vous donne avis
que le gros
Goujon
n’a pas tort de continuer d’être syndic,
attendu
qu’il
profite de 1 500 livres par
année, voilà pourquoi
il
emploie des amis depuis quatre ans et de faire le
bourgeois
aux dépens des pauvres malheureux ;
*visitez
les rôles des tailles depuis 4 ans vous
serez
sûr
de trouver le vrai ; il y en a qu’on pend à la
grève
qui
ne l’ont pas mérité tant que lui. 1500 Livres.”
*“...
consultez les registres des impôts depuis 4 ans vous
serez
sûr d’y découvrir la
vérité ; il y a des
personnes que
l’on
pend en place de Grève qui n’ont pas
mérité
leur supplice
autant
que lui.” |
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