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logement ouvrier 1905
PLM vers 1910
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Un puits au milieu des champs

Comme beaucoup de quartiers neufs, la cité du "Puits la Marlière" a été construite au milieu des terres agricoles.
S'intéresser à son histoire revient à se pencher sur les chemins et parcelles qui l'ont précédé. Le tracé du Chemin de Fontenay (RD10), qui aboutissait au niveau du carrefour Gounod/Sellier, a été modifié pour devenir l'avenue rectiligne, baptisée "du 8 mai 1945", sur laquelle s'organise l'essentiel du quartier actuel. La vieille Voie Saint-Denis subsiste en limite Est du quartier sous forme d'un petit chemin sans nom. Il y longtemps, elle permettait de rejoindre Saint-Denis en franchissant le ruisseau du Petit Rosne au niveau de l'écart de Sarcelles appelé Haut-du-Roy. Le vieux Chemin de Goussainville, un rien raccourci et transformé en voie piétonne, permet de rejoindre le collège Léon Blum et le quartier des Carreaux, puis la Fauconnière à Gonesse. Au Nord, le Chemin du Coudray garde la trace d'une voie romaine secondaire qui joignait Ecouen au Thillay.
Globalement, cette portion du territoire faisait partie du labour. Tout juste était-elle au contact de la vigne au Nord-Ouest, vers la place Van Gogh, et des vergers sous la place Cézanne.
Selon leur habitude, les paysans de toute époque ont donné des noms aux différents terroirs qui voyaient l'essentielle de leur activité. C'était une facilité pour se repérer dans la mosaïque des champs. Au cours du temps, certains noms étaient abandonnés, oubliés, remplacés, déformés. Où sont passés l'Orme Regnart et l'Orme Colleaux? Ces arbres qui, poussant sur le champ de paysans nommés l'un Regnart, l'autre Colleaux, permettait de se repérer dans ce paysage de plaine. Qui se souvient du lieu-dit le Désert qui semble indiquer un lieu désolé, un endroit où la friche et la ronce ont regagné sur les champs ? Les aménageurs n'ont retenu que le Puits et la Marlière.
Marlière dérive probablement du mot "marnière" qui désigne un lieu d'extraction de la "marne", terre argileuse contenant du calcaire qui était utilisée pour améliorer les sols trop acides, trop sableux, ainsi que pour fabriquer du ciment. Le sens du mot "puits" ne pose pas de problème, c'est plutôt son emplacement au milieu des labours qui est problématique. Bien sûr, hommes et animaux avaient besoin de s'abreuver, mais pourquoi un puits si près du village ?
A moins qu'il ne s'agisse d'un puits de mine permettant d'atteindre les niveaux de marne en sous-sol.
Quoi qu'il en soit, tous ces noms ont plusieurs siècles d'existence. "Les Ormes Colleaux" sont mentionnés dans un parchemin (1) daté de 1416, "l'Orme Regnart" dans un texte de la fin du XIII° siècle (2). En 1397, une parcelle est située au "Désert", joignant le "Chemin de Fontenay" et "La Marnière" (3). Le lieu-dit "Le Puits" (1) est mentionné en 1416.
Une première mention dans les archives conservées n'est pas l'acte de naissance du lieu-dit. Elle permet simplement de rapprocher le nom donné de son contexte d'attribution. Sept à huit siècles nous séparent de ces paysans donneurs de noms. Les trois consonnes PLM en sont la mémoire.

(1) AN. L860
(2) AN. S2105
(3) AD 2H4

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