plm
Un puits au
milieu des champs
Comme beaucoup de
quartiers neufs, la
cité du "Puits la Marlière" a
été
construite au milieu des terres agricoles.
S'intéresser à son histoire revient à
se pencher
sur les chemins et parcelles qui l'ont
précédé. Le
tracé du Chemin de Fontenay (RD10), qui aboutissait au
niveau du
carrefour Gounod/Sellier, a été
modifié pour
devenir l'avenue rectiligne, baptisée "du 8 mai 1945", sur
laquelle s'organise l'essentiel du quartier actuel. La vieille Voie
Saint-Denis subsiste en limite Est du quartier sous forme d'un petit
chemin sans nom. Il y longtemps, elle permettait de rejoindre
Saint-Denis en franchissant le ruisseau du Petit Rosne au niveau de
l'écart de Sarcelles appelé Haut-du-Roy. Le vieux
Chemin
de Goussainville, un rien raccourci et transformé en voie
piétonne, permet de rejoindre le collège
Léon Blum
et le quartier des Carreaux, puis la Fauconnière
à
Gonesse. Au Nord, le Chemin du Coudray garde la trace d'une voie
romaine secondaire qui joignait Ecouen au Thillay.
Globalement, cette portion du territoire faisait partie du labour. Tout
juste était-elle au contact de la vigne au Nord-Ouest, vers
la
place Van Gogh, et des vergers sous la place Cézanne.
Selon leur habitude, les paysans de toute époque ont
donné des noms aux différents terroirs qui
voyaient
l'essentielle de leur activité. C'était une
facilité pour se repérer dans la
mosaïque des
champs. Au cours du temps, certains noms étaient
abandonnés, oubliés, remplacés,
déformés. Où sont passés
l'Orme Regnart et
l'Orme Colleaux? Ces arbres qui, poussant sur le champ de paysans
nommés l'un Regnart, l'autre Colleaux, permettait de se
repérer dans ce paysage de plaine. Qui se souvient du
lieu-dit
le Désert qui semble indiquer un lieu
désolé, un
endroit où la friche et la ronce ont regagné sur
les
champs ? Les aménageurs n'ont retenu que le Puits et la
Marlière.
Marlière dérive probablement du mot
"marnière" qui désigne un lieu d'extraction
de la "marne", terre argileuse contenant du calcaire qui
était utilisée
pour améliorer
les sols trop acides, trop sableux, ainsi que pour fabriquer du ciment.
Le sens
du mot "puits" ne pose pas de problème, c'est
plutôt son emplacement au milieu
des labours qui est problématique. Bien sûr,
hommes et animaux avaient besoin
de s'abreuver, mais pourquoi un puits si près du village ?
A moins qu'il ne s'agisse d'un puits de mine permettant d'atteindre les
niveaux de marne en sous-sol.
Quoi qu'il en soit, tous ces noms ont plusieurs siècles
d'existence. "Les Ormes
Colleaux" sont mentionnés dans un parchemin (1)
daté de 1416, "l'Orme Regnart" dans
un texte de la fin du XIII° siècle (2). En 1397, une
parcelle est située
au "Désert", joignant le "Chemin de Fontenay" et "La
Marnière" (3). Le lieu-dit "Le
Puits" (1) est mentionné en 1416.
Une première mention dans les archives conservées
n'est
pas l'acte de naissance du lieu-dit. Elle permet simplement de
rapprocher le nom donné de son contexte d'attribution. Sept
à huit siècles nous séparent de ces
paysans
donneurs de noms. Les trois consonnes PLM en sont la
mémoire.
(1) AN. L860
(2) AN. S2105
(3) AD 2H4