PROTESTANTISME
UNE NOUVELLE DOCTRINE
Au XVIe siècle, en Europe,
l'Humanisme développa un certain scepticisme à
l'égard des aspects irrationnels de la religion (les miracles)
et une attitude critique vis-à-vis du clergé (opulence,
mondanité, immoralité,...). De plus, l'invention de
l'imprimerie permit la diffusion de la Bible ainsi que des idées
nouvelles.
Le développement des écoles augmenta le nombre de
personnes sachant lire et écrire (on trouve un maître
d'école à Villiers-le-Bel en 1485). Ces évolutions
favorisèrent l'émergence de nouvelles doctrines
religieuses que l'on désigne sous le nom de protestantisme.
En 1517, Martin Luther défia l'autorité du pape en
diffusant ces thèses, condamnant entre autres les indulgences
(rachat financier des fautes) qui avait cours dans l'Eglise romaine de
son époque.
La diffusion du protestantisme en France est indissociable de la prédication de Jean Calvin (1509-1564).
De nos jours on compte environs 250 000 luthériens en france.
Ils pensent que le salut ne vient pas des mérites personnels ou
des biens répandus autour de soi mais de la seule grâce de
Dieu. La France compte aujourd'hui 600 000 calvinistes. Les calvinistes
rejettent le sacerdoce des prêtres et le culte des saints,
croient en la virginité de Marie mais non aux dogmes se
rattachant à elle, ils n'ont conservé des sacrements que
le baptême et l'eucharistie. Reste 200 000 français qui
appartiennent à de petites églises (méthodistes,
baptistes, pentecôtistes, évangéliques libres,
etc.) souvent très liées à leur homologues
nord-américaines.
Après 36 années de guerre de religions à la fin du
XVIe siècle, le roi Henri IV signa l'Edit de Nantes (1598) qui
accordait, entre autres, la liberté de conscience et de culte
aux protestants.
A cette époque, Villiers-le-Bel est un bourg rural avec un
important artisanat de la dentelle. L'activité est aux mains de
marchands que leur négoce entraîne dans de
fréquentes relations avec la capitale de pays voisins (Flandre,
Angleterre) majoritairement protestants. Ils sont séduits par
les idées nouvelles et les diffusent auprès de leurs
ouvrières. En 1673, un quart de la population du bourg, soit 500
personnes, est huguenot. Louis XIV, souverain absolu, ne pouvant
concevoir que certains de ses sujets pratiquent une autre religion que
la sienne, révoque l'Edit de Nantes (1685). Les trois-quarts des
protestants de Villiers-le-Bel émigrèrent, principalement
en Angleterre et en Hollande.
En 1709, les États Généraux des Pays-Bas
décidèrent de traiter les réfugiés
français comme s’ils étaient natifs du pays. Les
protestants restés sur place abjurèrent leur foi sous la
pression des soldats. Une minorité maintint ses convictions,
parfois derrière un catholicisme de façade.
Les protestants français ne retrouvèrent le plein exercice de leurs droits civiques qu'en 1802.